Merel est la première œuvre de la jeune autrice bruxelloise Clara Lodewick, qui inaugure ainsi une nouvelle collection de la maison d’édition de Marcinelle. Un récit réaliste sur le harcèlement et la rumeur qui s’infiltre dans la vie comme un poison mortel. Le tout dans une atmosphère froide montrant toute la banalité du quotidien. 

Couerture de Merel
© Merel – Clara Lodewick – Dupuis

La vie de Merel est assez simple. Cette quinquagénaire, officiellement célibataire et sans enfants, élève des canards dans le village de la Flandre belge où elle habite depuis toujours. Bien intégrée à cette communauté rurale, elle connait tout le monde depuis l’enfance, participe aux événements importants et couvre les matchs de football de l’équipe locale pour un journal du coin. C’est un soir pendant la fête d’inauguration du nouveau local du club, que les choses dérapent. Une plaisanterie maladroite fait soudain d’elle une paria. Ses amis d’enfance ne veulent plus lui parler, les femmes du village laissent courir des ragots sur son compte et les enfants la harcèlent en lui faisant des crasses. De plus en plus isolée, Merel a du mal à comprendre ce qui lui arrive au fil des jours. 

Page de Merel
© Merel – Clara Lodewick – Dupuis

Merel est le premier album de la nouvelle collection des éditions Dupuis, baptisée « Les Ondes Marcinelle » qui selon l’éditeur a pour objectif de « défendre une vision humaniste et de proposer des portraits du monde faits de conviction et d’authenticité » le tout par de jeunes auteurs qui signeront leur première œuvre. 

Page de Merel
© Merel – Clara Lodewick – Dupuis

Clara Lodewick offre un récit humaniste sur le harcèlement en milieu rural. Ses personnages sont bien construits, bien en place dans leur environnement. Nous voyons d’abord Merel évoluer dans sa vie qui est tout ce qu’il y a de plus banal, avant de voir son quotidien s’effondrer petit à petit sans que la cause ne nous saute aux yeux immédiatement. C’est une histoire sur la rumeur et comment elle peut détruire une vie. Les hommes qui craignent de l’approcher, les femmes qui parlent derrière son dos, puis finalement les enfants, qui ne comprennent pas les mêmes choses que les adultes, pensent qu’elle est méchante et décident de s’en prendre à elle physiquement et à ses biens. Finalement c’est la banalité du récit qui en fait sa force, tant ce qui arrive à Merel peut faire peur dans le sens où il suffit d’une parole, d’un mensonge pour voir une réputation s’effondrer. 

Page de Merel
© Merel – Clara Lodewick – Dupuis

Côté graphisme, les dessins réalisés au stylo bille et à la gouache donnent volontairement une atmosphère froide, renforçant le côté glauque de l’histoire qui se met en place au fil des pages et des problèmes de Merel. Les personnages sont tassés, difformes pour certains, les sourires sont rares, on sent la fatigue de la vie et le poids des années sur eux, donnant un certain réalisme à l’ensemble. Le trait contient les quelques maladresses de styles d’une première œuvre, mais il serait dommage de s’arrêter à cela et de ne pas découvrir cet album. 

Page de l'album
© Merel – Clara Lodewick – Dupuis

Chronique écrite par Adrien LAURENT

Informations sur l’album

  • Scénario : Clara Lodewick
  • Dessin : Clara Lodewick
  • Couleurs : Clara Lodewick
  • Éditeur : Dupuis « Les Ondes Marcinelle »
  • Date de sortie : 19 août 2022
  • Pagination : 160 en couleurs
  • Format : 195 x 260

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