Le Palais des voleurs – T2 de Héliotrope
Avec Dupuis, on craque tout particulièrement sur ce personnage jeune et féminin aux cheveux roux qui court sur les toits des immeubles de Paris, comme pour échapper à toute une série de « voleurs ». Dans Le Palais des voleurs, qui en a donc après la courageuse Héliotrope, ou plutôt, qui essaie de s’emparer de la maison familiale et des objets magiques qu’elle contient, alors que sa grand-mère est hospitalisée ?

Johann Sfar au scénario et Benjamin Chaud au dessin nous livrent dans Héliotrope tome 2 : Le palais des voleurs un succulent récit où la pauvre Héliotrope est livrée à elle-même tandis que sa baboushka est tombée malade. Alors qu’elle veut rentrer chez elle après avoir fait les courses, Héliotrope se heurte à un mur : la maison semble avoir littéralement disparu.

Heureusement qu’elle se souvient de l’existence d’une vampire qui pourrait l’aider, Aspirine ! En fait, elle tombe plutôt sur sa sœur, la belle Josacine, qui lui apprend des choses sur sa maison, aussi appelée le château Lascaris, et la prend immédiatement sous son aile. Tandis qu’elles partent à la recherche du château disparu, les deux jeunes intrépides tombent sur de drôles de cocos : Casiglia, le cobra et la grande chauve-souris. Arriveront-elles à semer ces dangereux énergumènes ? Y aura-t-il encore d’autres mauvaises rencontres, elles aussi désireuses de retrouver la maison mystérieuse qui renferme tant d’objets intéressants ?

Une aventure haute en couleurs où on s’inquiète de voir la pauvre Héliotrope un peu en panique, elle qui a hérité d’un passé et d’une maison compliqués, alors que sa fière grand-mère est victime d’une crise cardiaque. Des créatures étranges s’invitent dans le scénario et mettent une belle pagaille, d’autant plus que Josacine elle-même amène des problèmes tout en voulant aider.

A la lecture de nouveau tome, on ne peut qu’être intrigué par le passé d’Héliotrope. On rit de sa candeur tout comme on admire son courage et ses références culturelles et enfin, on est émerveillé par le riche univers qui se révèle au fil de l’intrigue en parallèle de scènes plus normales mais néanmoins drôles de la vie de tous les jours.

C’est un beau tome que nous offrent là Johann Sfar et Benjamin Chaud où se mêlent tendresse, humour et folie à un dessin aux traits rapides et aux couleurs vives signées Isabelle Rabarot. Tantôt, on est dans le dialogue plutôt enlevé, tantôt l’histoire nous est narrée comme si c’était Héliotrope qui racontait tout. Le dessin de certaines cases semble très enfantin, un peu schématique alors qu’à d’autres moments, on ne lésine pas sur les détails, comme lorsque l’intérieur de la maison est dépeint.

L’important cependant n’est pas l’exactitude du dessin mais ce qui est raconté, l’action, les rencontres, les émotions et les révélations. Le coup de crayon, qui rappelle le style de Joann Sfar, est quand-même très appréciable, surtout par le côté noueux et anguleux, qui donne cet aspect très expressif, et par l’impression d’avoir affaire un dessin mi-compliqué, mi-enfantin assez complexe !

Héliotrope est une très belle bande dessinée à destination d’un jeune public qui peut aussi être appréciée par les adultes et qui fait la part belle aux allusions à d’autres pans de la culture dans lesquels on pourra tantôt se retrouver, tantôt faire des découvertes. On sait déjà par la manière dont se termine l’album que de nouvelles aventures pourraient bien se profiler pour nos aventurières multigénérationnelles et on s’en réjouit bien entendu !
Chronique écrite par Aurélie DORCHY
Informations sur l’album
- Scénario : Joann Sfar
- Dessin : Benjamin Chaud
- Couleurs : Isabelle Rabarot
- Éditeur : Dupuis « Tous publics »
- Date de sortie : 18 novembre 2022
- Pagination : 64 en couleurs
- Format : 219 x 290