[Archive] Les Schtroumpfs et la tempête blanche – T39 des Schtroumpfs
Fin octobre 2021, nous vous parlions du nouvel album des Schtroumpfs, le trente-neuvième, par Alain Jost, Thierry Culliford et Alain Maury. Intitulé Les Schtroumpfs et la tempête blanche, nous republions désormais cette chronique sur notre site.

« Quand le soleil mange la neige, il en reschtroumpfe le double ». Le proverbe du Schtroumpf paysan, lancé dès le début de cette nouvelle histoire, va se vérifier au-delà de ce que l’on pouvait en attendre : le village des petites créatures bleues va littéralement être englouti sous une épaisse couche de neige, ce qui va les obliger à migrer à la vieille tour en pierre, seul endroit où ils pourront être en sécurité en attendant le retour d’un ciel plus clément. Las ! les Schtroumpfs n’ont aucune nouvelle de trois d’entre eux partis faire de la luge juste avant que la tempête blanche ne débute. Ceux-ci, sains et saufs mais ne sachant pas l’exil de leurs camarades, ont trouvé refuge chez Gaspard, un ermite enrhumé chassé de sa petite ville. Tandis qu’à la vieille tour, les Schtroumpfs apprennent péniblement la vie en communauté très rapprochée, les trois petits aventuriers égarés vont négocier l’aide de leur nouvel ami humain pour retourner au village.

Ce 39ème tome, à l’image des ouvrages les plus récents des célébrissimes lutins bleus, montre une certaine leçon de vie, et l’importance de l’entraide et de la tolérance même dans les moments difficiles, en l’occurrence ici, face à un hiver exceptionnellement lourd et potentiellement destructeur. Dans cet album, il ne faut pas rechercher les marqueurs historiques de la série : il n’y a en effet pas de salsepareille, pas de magie, pas de cadeaux qui pètent à la figure, et même pas l’ombre d’un sorcier avec son vilain chat au nom satanique… Ainsi, face aux éléments déchainés entrainant de fait un scénario un peu statique et peu de réels rebondissements, l’histoire propose des sortes de petites scènes presque théâtrales mais sans véritablement de cohérence, dans lesquelles on verra certains des personnages sous un angle un peu différent de d’habitude. On y apprendra par exemple que le Schtroumpf à lunettes n’est pas uniquement un moralisateur un peu barbant, mais possède bien certains talents d’érudit assez appréciables… Certains gags viennent toutefois rendre ce huis clos un peu plus léger, notamment celui (répétitif) des conséquences d’une alimentation faite uniquement d’aliments engendrant des ballonnements quand on vit tous ensemble…

Les dessins de cette BD sont, comme toujours, de très bonne facture et dans le plus pur style de Peyo. Les personnages sont très réussis, familiers, et l’ambiance hivernale parfaitement reconstituée, notamment grâce à des couleurs froides très bien choisies et distillées, particulièrement le bleu du ciel et du reflet sur la neige (normal pour un album des Schtroumpfs !), et on a presque froid, tant le rendu est communicatif. La couverture est superbe, et permet de bien montrer l’atmosphère de cette histoire. Si le découpage est sans surprise et assez classique avec ses narratifs et ses 4 bandes par planche, on note également une très belle double page du village enneigé, où les petits personnages s’affairent et s’occupent avant la tempête blanche.

Au final, plus que de la pure aventure, le nouvel opus des Schtroumpf est une BD sur le vivre ensemble, l’entraide dans les situations délicates, mais aussi sur la confiance en soi, et l’acceptation de l’autre, à travers le nouveau personnage de Gaspard. L’album s’adresse en grande priorité à un public de très jeunes lecteurs qui retrouveront les pittoresques petits hommes bleus dans une situation (presque) inédite qui n’entamera pas leur aspect sympathique, et leur statut d’icône de la bande dessinée.

Chronique écrite par Mathieu DEPIT
Informations sur l’album
- Scénario : Alain Jost et Thierry Culliford
- Dessin : Alain Maury
- Couleurs : Nine Culliford
- Éditeur : Le Lombard
- Date de sortie : 8 octobre 2021
- Pagination : 46 en couleurs